Déconstruction

En France, douze réacteurs sont arrêtés définitivement. Neuf sont de la filière UNGG, 3 à Marcoule, 3 à Chinon, 1 à Bugey, et 2 à Saint Laurent). Trois autres réacteurs respectivement, Brennilis de la filières eau lourde, Chooz A de la filiére REP et Creys Malville surgénérateur. Tous ces réacteurs nucléaires vont être démantelés. Le démantèlement c'est une construction inversée. Aujourd'hui aucun grand réacteur n'a encore été totalement démantelé dans le monde. Les USA ont réalisé celui de Shippingport, les Allemands ceux de Niederaihbach et de Gundremininger, les Japonais Ibarahi. Mais ce sont toutes des installations de petite taille dont l'expérience n'est pas totalement significative.

Scenario de démantèlement selon l'AEIA

Après l'arrêt du réacteur

  • 2 à 3 ans de travaux pour passer au [niveau 1]
  • 4 à 5 ans de travaux pour passer au [niveau 2]
  • Environ une cinquantaine d'années pour profiter de la diminution naturelle de la radioactivité
  • 4 à 5 ans de travaux pour arriver au [niveau 3]

 

Les niveaux de démantèlement d'une centrale

Niveau 1 : C'est celui de la fermeture sous surveillance. Le combustible et les fluides radioactifs qui représentent 99% de la radioactivité sont enlevés. Les équipements non nucléaire sont démontés. L'installation est placée sous surveillance.

Niveau 2 :  Les équipements et  tous les bâtiments (sauf le bâtiment réacteur)sont demontés. L’ensemble des déchets sont conditionnés et évacués vers les centres de stockage agréés. Le bâtiment réacteur est  mis sous surveillance.  La zone nucléaire est plus restreinte et permet de libérer partiellement le site. Elle est surveillée et contrôlée en permanence.

Niveau 3 : Toutes les parties radioactives restantes  (bâtiment réacteur, matériaux et équipement) sont enlevées. Le site peut être rendu à son état naturel ou réutilisé sans conditions. A ce stade la surveillance devient inutile.

  • 85% des déchets de la déconstruction ne sont pas radioactifs.
  • 12% des déchets sont très faiblement radioactifs.Ils sont stockés provisoirement sur place. Plus tard ils seront soit retraités soit stockés dans des usines ou des centres spécialisés.
  • 2% des déchets sont de faible ou moyenne activité. Ils sont stockés dans des sites de l'ANDRA
  • 1% des déchets sont de moyenne activité et à vie longue. La pause de 40 ans prévue entre deux phases a pour but de faciliter le traitement de ces déchets

Le coût du démantèlement

UNE ESTIMATION  La déconstruction des centrales nucléaires est estimée à 15% du coût total d’investissement. C‘est à dire ~450 Ms d’€ par réacteur.

Edf provisionne tout au long de la durée d’exploitation des réacteurs, plusieurs milliards d’€ chaque année pour financer cette dépense. Ce montant est ajusté chaque année sous le contrôle de la Cour des Comptes. Depuis la mise en route des centrales ces dépenses sont repercutées dans le prix du KW/h. Cette provision correspond à 0.10 centimes d’ € /kwh.

En 2010 EDF aurait porté le montant de cette provision à 14Mds d’euros

LA REALITE  Il est difficile de savoir le coût réel de la déconstruction des réacteurs nucléaires . Les prix constatés pour des démantèlements complets sont très variables dans les différents pays.

250 M€ pour 167 MW au USA à Yankee Rowe

117 M€ pour 32 MW en GB à Windscale

Brennilis coûtera plus de 500 M€ pour 70MW

DES INTERROGATIONS   Entre l’estimation officielle et le coût réel, il reste une incertitude. Pour l’instant aucun réacteur de grande puissance n’a été démantelé. Le CIDEN chargé du démantèlement est encore une structure en phase d’apprentissage. L’âge moyen du parc nucléaire français est de 24 ans, alors que la durée de vie des centrales est prévue à 50 ans. Il reste donc du temps à EDF pour constituer les fonds nécessaires . mais qu’en serait il si la durée de vie était réduite ?