Dossier réalisé à partir des publications de l'UNSCEAR (United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiations)

TCHERNOBYL : Des risques maîtrisés

 

Dans les pays de l’ex-URSS

 

Grâce au rapport extrêmement circonstancié (plusieurs centaines de pages) publié en 2000 par la plus haute instance dans le domaine des effets des rayonnements : l’UNSCEAR (Comité Scientifique des Nations Unies sur les Effets des Radiations Atomique), il est maintenant possible de faire le bilan des effets constatés.

 

Parmi les 600 travailleurs présents dans la centrale au moment de la catastrophe, 250 ont été hospitalisés, 30 sont morts dans les semaines suivantes et 3 sont décédés depuis de cancers attribuables aux rayonnements.

 

Parmi les personnes qui vivaient au voisinage de Tchernobyl, on a constaté environ 2000 cancers de la thyroïde chez les deux millions d’enfants de moins de quinze ans. Ces cancers sont dus aux quantités importantes d’iode radioactif ingérées par certains enfants à cause du lait contaminé. Ces cancers ont entraîné le décès d’environ une dizaine d’entre eux. Ces décès sont en partie imputables à un dépistage et un traitement tardif. A contrario, en Pologne, où 18 millions de doses d’iode ont été distribués rapidement, aucune augmentation des cancers de la thyroïde n’a été mise en évidence.

 

En dehors de ces cas, on n’a constaté, chez les 250 000 habitants de ces régions et parmi les 600 000 « liquidateurs » (c’est-à-dire les personnes civiles et militaires ayant travaillé sur le site), aucune augmentation de la fréquence des leucémies et des cancers. Il est donc extrêmement peu vraisemblable qu’on observe une augmentation dans les années à venir. On n’a également pas observé d’accroissement de la fréquence des malformations congénitales (rappelons que parmi les 80 000 descendants des survivants d’Hiroshima et Nagasaki, on n’a constaté aucun effet génétique).

 

En revanche, on a observé des troubles psychosomatiques, des tendances dépressives et même une augmentation de la fréquence des suicides chez les personnes regroupées dans des camps et les personnes évacuées. De tels troubles sont toujours observés en pareille situation, quel qu’ait été l’événement ayant causé les déplacements (guerres, catastrophe naturelle…)

 

Une zone de 30 km reste interdite autour de Tchernobyl, mais des anciens habitants sont venus s’y réinstaller. La forêt y reprend ses droits et les animaux sauvages y prospèrent puisqu’ils ne sont pas chassés.

 

En France

 

On dispose de plusieurs rapports, notamment celui de l’IPSN.

 

Les doses ont été environ mille fois plus faibles qu’au voisinage de Tchernobyl.

 

Il subsiste quelques contaminations locales par césium, mais les irradiations correspondantes sont très faibles (au maximum inférieures à 1 mSv pour des personnes y séjournant en permanence). Elles ne posent donc pas de problèmes sanitaires (la dose due à l’irradiation naturelle varie selon les régions en France entre 1,5 et 6 mSv).

 

Même si, occasionnellement, des champignons ou la viande de sanglier peuvent être contaminés, il faudrait en manger des dizaines de kilos pour encourir le moindre risque. On peut donc les manger sans crainte.

 

Les doses reçues par la thyroïde des enfants français, même dans les régions les plus touchées, ont été très faibles, de l’ordre de grandeur de l’irradiation naturelle. Les données épidémiologiques ne révèlent aucune augmentation de la fréquence des cancers thyroïdiens de l’enfant qui puisse être imputée à cette irradiation.

 

Aucun excès de leucémie ne peut être attribué à l’accident de Tchernobyl.

 

UNE INFORMATION SUFFISANTE ?

 

Le dernier réacteur en service de la centrale nucléaire de Tchernobyl, située en Ukraine à 20 kilomètres au sud de la frontière de la Biélorussie, a été arrêté à la fin de l'année 2000. Mais ce nom restera toujours associé au plus grave accident nucléaire civil, avec la destruction, le 26 avril 1986, d’un des quatre réacteurs de cette centrale. Cet accident a entraîné la dispersion de produits radioactifs dans de nombreux pays. Il a donné lieu à un flux d'informations, parfois contradictoires et difficiles à vérifier sans une étude attentive. Les conséquences de cet accident sur l’environnement et la santé suscitent toujours des questions bien que nous disposions aujourd'hui d'éléments solides, médicaux et scientifiques permettant de répondre à ces questions :

 

les rapports d'organismes internationaux tels que l'Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) ou l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS)

 

les témoignages de personnes ayant séjourné dans les pays de l'ex-URSS au cours des dernières années, notamment sous l’égide d'organismes d'aide humanitaire

 

Nous disposons, en particulier, en ce qui concerne les conséquences sanitaires de l'accident, du dernier rapport (2000) du Comité Scientifique des Nations Unies pour l'étude des Effets des Radiations Atomiques (UNSCEAR), des bilans publiés par l'Institut de Protection et de Sûreté Nucléaire (IPSN), des rapports des registres français et européens des cancers et de l'Institut national de Veille Sanitaire (InVS).

15 ans après l'accident, il est indispensable de faire le point et de prendre le recul nécessaire par rapport à la masse énorme d'informations dont nous disposons, en faisant ressortir les éléments auxquels nous pouvons à ce jour répondre avec certitude.

 

Sommaire

L'accident

Les conséquences sur l'environnement

 

En Ukraine, Fédération de Russie et Biélorussie

En France

 

Les conséquences sanitaires

 

En Ukraine, Fédération de Russie et Biélorussie

En France

 

Glossaire

 

Annexes

 

Les effets de Tchernobyl

 

Traduction d’une lettre du Président de l’UNSCEAR publiée dans The Lancet, Vol. 356, p. 344,

 

22 juillet 2000

Sources et effets des rayonnements ionisants

 

Comité scientifique des Nations Unies pour l'étude des effets des rayonnements atomiques - Rapport UNSCEAR 2000 à l'Assemblée Générale Vol II ( Conclusions)

 

Références bibliographiques